On automatise
La corvée
Très irritant, sans grande valeur humaine. Personne ne s’en ennuierait si l’IA s’en chargeait.
Exemples
Trois organisations, trois processus, trois modes d’intervention. Chaque exemple part du journal de friction de l’équipe et suit les neuf cases.
Cas fictifs mais réalistes, construits à partir de situations observées en atelier.
Chaque exemple est classé avec deux repères de la méthode. D’abord la matrice de tri, qui place une tâche selon deux questions : est-ce qu’elle pèse sur l’équipe ? Est-ce qu’elle demande une vraie valeur humaine ? Ensuite le mode, qui dit quel rôle on confie à l’IA.
On automatise
Très irritant, sans grande valeur humaine. Personne ne s’en ennuierait si l’IA s’en chargeait.
On augmente
Lourd, mais ça demande du jugement professionnel. L’IA prépare, l’humain décide.
On attend
Peu irritant et peu signifiant. Ça peut attendre.
On protège
Le cœur du métier : la relation, l’empathie, le jugement. On n’y touche pas.
01 · PME manufacturière
Une entreprise de fabrication métallique de 45 employés sert les secteurs minier et forestier. Environ 25 demandes de soumission par mois. Un seul estimateur, 30 ans d’expérience, à trois ans de la retraite. Chaque soumission lui prend de 4 à 6 heures et les clients attendent parfois une semaine.
L’estimateur passe plus de temps à fouiller qu’à estimer : relire des devis de 40 pages pour trouver les exigences, chercher dans le réseau une ancienne soumission semblable, recopier des lignes dans le gabarit Excel.
Canvas IA
L’estimateur d’abord. Les clients (réponse plus rapide). La direction (moins de dépendance à une seule personne).
fouiller les devis, retrouver les soumissions passées, ressaisir.
répondre plus vite, gagner plus de contrats, transmettre le savoir de l’estimateur.
juger la faisabilité technique, fixer le prix, parler au client. On n’y touche pas.
Le dossier réseau et le gabarit Excel existants. L’estimateur dépose le devis, reçoit un gabarit prérempli. Aucun nouveau logiciel à apprendre.
L’IA extrait les exigences, propose trois soumissions passées comparables et préremplit le gabarit. L’estimateur valide chaque ligne et fixe le prix. Aucune soumission ne sort sans sa signature.
Avant : lecture complète, recherche manuelle, ressaisie, calcul, rédaction. Après : révision d’un résumé des exigences, comparaison avec les cas proposés, calcul, validation.
8 ans de soumissions en Excel, dont environ la moitié bien classées. Plans et devis en PDF. Assistant IA d’entreprise, données non utilisées pour l’entraînement.
L’estimateur (champion ou bloqueur, c’est lui qui décide). Le fournisseur informatique. Un estimateur junior à embaucher, qui apprend avec l’outil.
Licences IA d’entreprise, environ 40 heures de configuration et de nettoyage. Risque principal : une erreur de prix qui mange la marge. À vérifier : les ententes de confidentialité avec certains clients miniers.
De 5 h à 2 h 30 par soumission. Délai de réponse sous 3 jours ouvrables. Temps réinvesti : former le junior et visiter les clients.
Faisable, à une condition : relire les ententes de confidentialité des clients avant le test. Le vrai gain n’est pas seulement le temps. C’est le savoir de l’estimateur qui devient consultable avant son départ.
Six semaines, dix soumissions préparées avec l’outil, temps chronométré et comparaison des prix avec la méthode habituelle.
Ouvrir dans le canvas en ligne02 · Municipalité
Une municipalité de 4 000 habitants. Au bureau : la directrice générale, une adjointe administrative et un inspecteur à temps partiel. Environ 60 requêtes par semaine arrivent par téléphone, courriel et Facebook.
La majorité des appels portent sur les mêmes questions : horaire de collecte, échéance des taxes, permis de rénovation, ouverture de l’écocentre. Les vraies demandes (un ponceau bouché, un nid-de-poule dangereux) se perdent dans la boîte de courriel et personne ne sait lesquelles ont été traitées.
Canvas IA
Les citoyens (réponse le soir et la fin de semaine). L’adjointe. L’équipe des travaux publics (requêtes claires et suivies).
répéter les mêmes réponses, requêtes éparpillées, aucun suivi.
réponse immédiate, registre des requêtes.
l’accueil au comptoir, surtout des aînés, et la gestion des conflits entre voisins. Ces moments restent humains.
Le site web municipal et la page Facebook, là où les citoyens posent déjà leurs questions. Le téléphone reste ouvert : personne n’est obligé de parler à un robot.
L’assistant répond seul aux questions d’information, avec un lien vers la source officielle. Il crée une fiche pour chaque requête et la transfère à un humain. Il ne prend aucune décision et n’a accès à aucun dossier de citoyen.
Avant : appel, réponse de mémoire, note sur un papier ou rien. Après : question répondue en ligne ou requête enregistrée, assignée et suivie jusqu’à sa fermeture.
Règlements, calendrier des collectes, tarifs, procédures de permis. Tout est public, mais dispersé dans des PDF parfois périmés. Un ménage s’impose avant de brancher quoi que ce soit.
Le conseil municipal (résolution et budget). La MRC, qui pourrait partager l’outil avec d’autres municipalités. Le fournisseur du site web.
Abonnement à un assistant conversationnel, mise à jour mensuelle des contenus. Risques : une mauvaise réponse sur un règlement, des renseignements personnels saisis par les citoyens. Encadrement : Loi sur l’accès, modifiée par la Loi 25.
Appels répétitifs par semaine, délai de traitement des requêtes de voirie, pourcentage de requêtes fermées. Temps réinvesti : les demandes de subvention qu’on repousse faute de temps.
Faisable si le périmètre reste étroit : information publique et création de requêtes, jamais les comptes de taxes ni les dossiers personnels. Le chantier le plus long n’est pas l’IA. C’est la mise à jour des documents municipaux.
Huit semaines, limité à deux sujets (collectes et permis), avec un comptage des appels avant et pendant.
Ouvrir dans le canvas en ligne03 · Organisme communautaire
Un OSBL qui accompagne des jeunes vers l’emploi et le retour aux études. Douze intervenants, plusieurs programmes financés par des bailleurs de fonds publics, chacun avec ses exigences de reddition de comptes. Les dossiers contiennent des renseignements très sensibles.
Les intervenants passent une part importante de leur semaine à rédiger : notes de suivi après chaque rencontre, puis compilation trimestrielle des résultats dans trois gabarits différents pour trois bailleurs. Le soupir le plus fréquent du journal : « encore le rapport ».
Canvas IA
Les intervenants. Les jeunes, indirectement (plus de temps en rencontre). La coordination (rapports produits à temps).
rédiger tard le soir, reformuler les mêmes résultats pour trois bailleurs.
notes plus uniformes, rapports compilés en heures plutôt qu’en jours.
la rencontre elle-même, le lien de confiance, le jugement clinique. Aucune IA dans la pièce pendant la rencontre.
Le logiciel de gestion des dossiers déjà utilisé et les gabarits des bailleurs.
Notes : l’intervenant écrit un résumé dans ses mots, sans nom ni détail identifiant; l’IA le structure, il relit et signe. Rapports : l’IA compile des données agrégées et anonymes, rédige une première version, la coordination valide.
Avant : notes rédigées à la main, compilation manuelle, trois rapports écrits de zéro. Après : résumé structuré à relire, extraction des indicateurs, trois rapports adaptés à partir d’une même base.
Indicateurs déjà saisis dans le logiciel de dossiers. Gabarits des bailleurs. Question ouverte : le logiciel permet-il une exportation anonymisée ?
La personne responsable de la protection des renseignements personnels. Le fournisseur du logiciel. Les bailleurs de fonds, qui pourraient accepter un format commun. Le conseil d’administration.
Risque majeur : des renseignements sensibles transmis à un service hébergé hors Québec. Évaluation des facteurs relatifs à la vie privée requise avant tout usage sur les notes. Risque secondaire : des notes qui perdent la voix de l’intervenant.
Heures de rédaction par semaine et par intervenant, délai de production des rapports trimestriels. Temps réinvesti : plus de rencontres, plus de suivis dans la communauté.
Feu vert pour la reddition de comptes, qui repose sur des données agrégées. Feu jaune pour les notes de suivi : pas avant l’évaluation de la vie privée et une solution hébergée au Canada ou exécutée localement. L’exercice nous permet de mieux comprendre les risques et de choisir les étapes à respecter.
Un trimestre complet de reddition de comptes produit avec l’outil, en parallèle de la méthode habituelle. Les notes de suivi attendent la fin de l’évaluation.
Ouvrir dans le canvas en ligne| PME manufacturière | Municipalité | Organisme communautaire | |
|---|---|---|---|
| Quadrant | Fardeau noble | Corvée | Fardeau noble, près du sanctuaire |
| Mode | Augmenter | Automatiser | Assister |
| Ce qui reste humain | Le prix et la relation client | L’accueil et les conflits | La rencontre et le jugement clinique |
| Frein principal | Confidentialité des devis clients | Documents municipaux périmés | Renseignements personnels sensibles |
| Verdict | Feu vert sous condition | Feu vert, périmètre étroit | Vert pour les rapports, jaune pour les notes |
Dans aucun des trois cas, le principal obstacle n’est la technologie. C’est l’état des données, la confiance ou le cadre légal. Pas l’outil. Le travail autour de l’outil.
KODRA Conseil anime des ateliers Canvas IA en personne et à distance, partout au Québec et dans la francophonie.