1. Désirable
Est-ce que ça vaut la peine ?
- 1. Bénéficiaires
- 2. Valeur IA
- 3. Point d’intégration
- 4. Relation humain-IA
Apprendre
Le Canvas IA garde la structure et la géographie du Business Model Canvas. Chaque case change de sens, mais la logique reste la même : à droite ce qui est désirable, à gauche ce qui est faisable, en bas ce qui est viable.
Canvas IA
Qui profite de l’amélioration : l’employé, le client, le gestionnaire ?
Quel irritant soulage-t-on ? Quel gain crée-t-on ?
Où l’IA s’insère-t-elle dans le quotidien : courriel, logiciel métier, Teams, formulaire ?
Automatiser, augmenter ou assister ? Qui valide ? Qu’est-ce qui reste humain ?
Quelles étapes changent, avant et après ?
Quelles données faut-il, dans quel état, accessibles par qui ?
Qui doit embarquer : TI, fournisseur, champion interne, syndicat ?
Abonnements, formation, conformité, coût d’une erreur ?
Heures récupérées, erreurs évitées, délais réduits. Et ce temps va où ?
Le Business Model Canvas, publié en 2010 par Alexander Osterwalder et Yves Pigneur, tient en une idée : mettre un système complexe sur une seule page, en neuf cases, pour que tout le monde autour de la table voie la même chose.
Leur Canvas de proposition de valeur ajoute un réflexe qui manque à la plupart des démarches IA : partir du besoin. Pas de la solution. Décrire les tâches, les irritants et les gains avant de parler de l’offre.
Lisez le canvas comme une carte. Chaque zone pose une question différente, et on les remplit dans cet ordre.
1. Désirable
2. Faisable
3. Viable
Dans le BMC : Segments clients
La question
Qui profite de l’amélioration : l’employé, le client, le gestionnaire ?
On n’analyse pas « l’entreprise », trop vaste pour produire autre chose que des généralités. On analyse un rôle précis : l’adjointe administrative, l’équipe de la paie, les conseillers terrain. Un canvas par rôle ou par processus. Nommez ensuite ceux qui profitent de l’amélioration, souvent plus nombreux qu’on pense.
Dans le BMC : Proposition de valeur
La question
Quel irritant soulage-t-on ? Quel gain crée-t-on ?
Le cœur du canvas. On y décrit les tâches du rôle, ses irritants et les gains espérés, puis une quatrième zone qu’on ajoute systématiquement : le sens. Ce que la personne aime faire. Ce qui lui donne sa fierté au travail. On le nomme avant de parler d’automatisation.
Dans le BMC : Canaux
La question
Où l’IA s’insère-t-elle dans le quotidien : courriel, logiciel métier, Teams, formulaire ?
La case la plus sous-estimée. Une solution qui oblige à ouvrir un nouvel outil, à se connecter ailleurs, à copier-coller entre deux fenêtres, va mourir de friction. La meilleure IA est celle qu’on rencontre là où on travaille déjà.
Dans le BMC : Relations clients
La question
Automatiser, augmenter ou assister ? Qui valide ? Qu’est-ce qui reste humain ?
L’IA ne fait pas qu’une chose. Elle peut automatiser (elle exécute seule), augmenter (elle prépare, l’humain décide) ou assister (l’humain fait, l’IA aide au besoin). Choisir le mode, c’est déjà la moitié du travail. Écrivez aussi qui valide et ce qui ne sortira jamais sans une signature humaine.
Dans le BMC : Activités clés
La question
Quelles étapes changent, avant et après ?
Décrivez le processus tel qu’il se fait vraiment, pas tel que la procédure le décrit. Puis la version d’après. L’écart entre les deux montre ce qu’il faudra apprendre, abandonner ou protéger.
Dans le BMC : Ressources clés
La question
Quelles données faut-il, dans quel état, accessibles par qui ?
La question qui fâche : l’information existe-t-elle vraiment, ou vit-elle dans la tête d’une seule personne et dans trois fichiers Excel qui ne se parlent pas ? Au Québec, cette case oblige aussi à regarder la Loi 25 en face : dès qu’un processus touche des renseignements personnels, il faut savoir où vont les données, qui y a accès et si une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée s’impose. Mieux vaut le découvrir en atelier qu’après avoir signé un abonnement.
Dans le BMC : Partenaires clés
La question
Qui doit embarquer : TI, fournisseur, champion interne, syndicat ?
Aucun projet d’IA ne réussit seul. Nommez les personnes et les organisations dont vous dépendez : les TI, le fournisseur du logiciel, un champion interne crédible, le syndicat, la personne responsable de la protection des renseignements personnels. Et celles qui peuvent tout arrêter.
Dans le BMC : Structure de coûts
La question
Abonnements, formation, conformité, coût d’une erreur ?
Les coûts visibles (licences, configuration, formation) et les coûts cachés : le temps de nettoyage des données, la conformité, et surtout le coût d’une erreur. Une mauvaise réponse à un citoyen ou une erreur de prix dans une soumission n’ont pas le même poids.
Dans le BMC : Sources de revenus
La question
Heures récupérées, erreurs évitées, délais réduits. Et ce temps va où ?
On inscrit ce qu’on peut vraiment mesurer : des heures, des délais, des erreurs. Et une question que presque personne ne pose : ce temps récupéré, on le met où ? Sans réponse, il se remplit de courriels et de réunions. Avec une réponse, il retourne à ce qui compte.
Qu’est-ce qu’on protège ?
Dans la case Valeur IA, on ajoute systématiquement une quatrième zone aux tâches, aux irritants et aux gains : le sens. Ce que la personne aime faire. Ce qui lui donne sa fierté au travail.
On le nomme avant de parler d’automatisation. Pas pour faire joli. Pour que les gens sachent ce qu’on protège avant qu’on leur demande ce qu’on change.
La matrice de tri
Remplir un canvas demande une bonne heure de discussion. On ne le fait pas pour chaque tâche de l’organisation. On trie d’abord avec deux axes : le niveau d’irritant (répétitif, lent, source d’erreurs ou de charge mentale) et la valeur humaine (jugement, relation, empathie, sens).
On automatise
Saisie de données, mise en forme des rapports, tri des courriels, prise de rendez-vous. Personne ne va pleurer si l’IA s’en charge. Le terrain idéal pour les premiers gains rapides.
On augmente
Notes d’intervention, rapport d’inspection, analyse d’un dossier de crédit. Lourd, mais ça demande du jugement professionnel. L’IA prépare un premier jet, l’humain garde la plume et la responsabilité. C’est souvent là que dorment les gains les plus importants.
On attend
Des tâches peu irritantes et peu signifiantes. On peut y toucher plus tard. Ou jamais.
On protège
Le cœur du métier : l’accueil d’un jeune en difficulté, la négociation avec un client important, la rencontre d’équipe où se règle un malaise. L’IA n’a rien à y faire, sinon libérer du temps pour qu’on puisse s’y consacrer davantage.
Cette matrice fait quelque chose que le canvas seul ne fait pas : elle rend explicite ce qu’on refuse d’automatiser. Et ça change complètement la conversation avec les équipes.
Le guide d’animation reprend tout ceci en format imprimable, avec le déroulement minuté d’un atelier de trois heures.